TRANSPORTS / MOBILITE

Il va falloir apprendre à faire la distinction entre « transport des personnes » et « mobilité des personnes ».

Quand on emploie le terme transports, dans la conversation courante, ou au niveau de l’Etat, on pense aux transports publics mis à la disposition des citoyens pour se déplacer.

L’Etat français a fait le constat des impasses d’une politique de grandes infrastructures tournée vers les grands projets, laquelle n’est plus financée depuis des décennies. Les Normands attendront encore longtemps la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN).



Une nouvelle loi d’Orientation des Mobilités (LOM)

Une Loi d’Orientation sur les Mobilités (LOM), née dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes protestant notamment contre le coût des transports, a été présentée par le ministre de l’Écologie et la ministre des Transports au Conseil des ministres le 26/11/2018.
Cette loi est en cours de ratification définitive en procédure accélérée au Parlement .

Son objet est de favoriser des solutions alternatives pour améliorer la mobilité au quotidien dans les territoires peu desservis : lignes régulières de covoiturage, auto-stop organisé, transport solidaire, autopartage entre particuliers ou encore plateformes de mobilité souvent mal connues qui peinent à se développer, faute de financement et de moyens en ingénierie.

Selon ses attendus, il s’agit d’apporter partout des solutions pour sortir de la dépendance à la voiture individuelle en lui trouvant des alternatives répondant à 4 défis :
– le manque de solutions dans de nombreux territoires, ce qui entretient un sentiment d’assignation à résidence;
– l’urgence environnementale et climatique, qui appelle à changer nos modes de transport ;
– les impasses d’une politique de grandes infrastructures tournée vers les grands projets et non financée depuis des décennies;
– saisir l’opportunité offerte par une révolution de l’innovation et des pratiques,
La loi doit simplifier l’exercice de la compétence mobilité par les collectivités territoriales, qui pourront mettre en place des solutions plus simples/mieux adaptées (covoiturageautopartage, vélos électriques …)
Elle renforcera la coordination entre autorités organisatrices de transports pour faciliter le parcours des voyageurs, ainsi que l’implication des employeurs et des usagers, avec la création de comités des partenaires. La loi doit favoriser les déplacements des personnes handicapées en améliorant leur information sur les parcours accessibles, en simplifiant les conditions d’accès au transport à la demande et en garantissant des tarifs réduits ou la gratuité aux accompagnateurs.
Pour accélérer le développement des nouvelles solutions de mobilité, la loi doit favoriser l’open data des offres de mobilité afin que l’usager soit informé des différentes solutions de mobilité pour son trajet, y compris les véhicules autonomes. La loi précisera les règles relatives aux nouveaux services de mobilités (trottinettes en libre-service, vélos ou scooters en free floating), en dotant les autorités organisatrices de créer des cahiers des charges pour leurs opérateurs.
Le projet de loi doit contribuer aux objectifs de réduction des gaz à effets de serre que la France s’est fixée dans le cadre de l’Accord de Paris sur le Climat. Pour encourager les mobilités actives et partagées, un « forfait mobilité durable » sera créé, permettant aux employeurs de verser annuellement jusqu’à 400 euros exonérés de charges et d’impôts aux salariés ayant recours au vélo ou au covoiturage pour leurs déplacements domicile-travail et inscrira dans la loi dispositions du plan vélo présenté par le Gouvernement en septembre 2018.



Conséquences de la loi NOTRe sur la compétence Transports entre Département et Région

« Le Département du Calvados a transféré la compétence transports interurbains et transports scolaires à la Région Normandie, conformément à la loi NOTRe. Seul le transport des élèves handicapés reste dans le giron départemental. Plus de 300 élèves en situation de handicap sont transportés chaque année par le Département du Calvados. Celui-ci y consacre un budget de 2 M€ ». (Communiqué du Site web du Conseil Général du Calvados).
Indépendamment de cette réorganisation des « transports classiques » qui échoient donc dorénavant à la Région, une réflexion nationale intense a lieu sur la « mobilité » des personnes, avec des expérimentations dans plusieurs territoires.

Il s’agit de mettre en oeuvre des moyens pour faciliter la mobilité des personnes dans les territoires ruraux, dans les villes petites et moyennes ou dans les périphéries des grandes agglomérations, où les habitants ont peu accès aux transports publics et où la voiture individuelle reste le seul mode de déplacement.

Pour les plus fragiles qui n’ont pas la possibilité de posséder et/ou de conduire leur propre voiture, il en résulte une grande précarité d’accès aux services publics, à l’emploi et aux commerces.  



Rôles du Département et de la Région, soutiens de la mobilité auprès des collectivités territoriales

Les initiatives innovantes dans le domaine de la mobilité auront le soutien de la Région Normandie devenue responsable de la compétence Transports, mais aussi du Département du Calvados qui reste engagé sur des projets favorisant la mobilité, comme le prouve son implication dans ces 2 projets :
Piste cyclable et cavalière nord-sud entre St-Arnoult et Deauville (Inaugurée cet été)

En 2018, le projet d’aménagement d’une piste cyclable et cavalière depuis le bourg de Saint-Arnoult jusqu’au Boulevard Maugé à Deauville, conduit par le Conseil Départemental du Calvados, terminant la liaison Pont-L’Evêque/Deauville s’est poursuivi. Le tracé longe la ligne droite de l’Hippodrome de Deauville, la Touques, côté Parc de loisirs.
Les utilisateurs, de tous âges, pourront ainsi se déplacer dans des contextes divers qui s’inscrivent pleinement dans les enjeux du plan départemental : tourisme, sport, moyens de transport alternatifs au quotidien. Il s’agit de renforcer l’offre en mobilité douce (*) sur le territoire en développant des liaisons villes-mer qui s’inscrivent dans les continuités interdépartementales.
Ainsi, les voies vertes permettent de réduire l’utilisation de l’automobile pour les trajets courts, accroitre la fréquentation par les cyclotouristes de l’arrière-pays littoral : tourisme vert (développement de l’offre touristique sur le territoire), offrir des parcours sportifs, sécuriser les cyclistes dans leurs déplacements quotidiens.
Piste cyclable est-ouest entre Saint-Arnoult et Villers-sur-Mer (A l’étude depuis 2017)

Le projet est de créer une continuité cyclable sur le territoire accessible à chacun (contournement du Mont Canisy) afin de renforcer l’offre en modes de déplacements doux et sécurisés pour un usage touristique, familial, sportif ou utilitaire.

Le bureau d’études VRD travaille depuis la fin de l’année 2017 pour réaliser tous les diagnostics nécessaires (ex : réseau hydraulique) et par la suite proposer un projet d’aménagement. Il est accompagné d’un paysagiste, chargé d’identifier la végétation à préserver et de valoriser les paysages qui seront traversés tout en impactant le moins possible l’existant.



L’engagement de la Région Normandie pour les « modes de transport actifs »

L’accroissement de la mobilité par transports vise les modes de transport collectif (bus, covoiturage, rail), mais aussi les modes de transport dits « actifs » impliquant une action physique individuelle (marche, patinette, vélo, vélo électrique …) qui permettent des déplacements de proximité, et aussi aux personnes de rejoindre les réseaux de transports collectifs.
Le vélo est un mode de déplacement peu onéreux, rapide, bénéfique pour la santé et la qualité de l’air. Adapté à la fois à un usage quotidien, touristique et de loisirs, il favorise l’intermodalité et constitue un outil précieux au service de la transition écologique.
Pourtant, la part modale du vélo ne représente que 3% des déplacements quotidiens en France. En Normandie, seulement 1,2% des actifs va travailler à vélo alors que la moyenne nationale est à 2%.
La Région Normandie, en qualité de chef de file « climat-airénergie », définit sa politique stratégique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie sur son territoire. Également chef de file en matière d’intermodalité, elle souhaite assurer une meilleure continuité de service entre les réseaux et systèmes publics de transports (urbain, interurbain, ferroviaire…).
L’objectif est de faciliter les déplacements sur tout le territoire en combinant l’ensemble des modes et services de transports. Pour répondre aux objectifs du Plan vélo et mobilités actives, dont l’ambition est de faire progresser la part modale du vélo à 12,5% d’ici 2030la Région propose différents dispositifs et actions permettant d’accompagner les porteurs de projets et de développer l’usage du vélo en Normandie :
– soutien à l’acquisition de vélos électriques,
– aide à la réalisation d’aménagements cyclables,
– soutien aux structures qui encouragent et accompagnent la pratique du vélo,
Les initiatives de la Région sont décrites dans un guide spécialement dédié : https://www.normandie.fr/sites/default/files/guide-velo-normandie.pdf


ANNEXES
(*) Transports « doux » (ou « actifs »)

 Les transports doux caractérisent tous les modes de transports sans moteurs, qui ne génèrent pas de pollution ou de gaz à effet de serre. Ce sont : la marche à pied, le vélo, le vélomobile, le roller, la patinette, la trottinette, la planche à roulette (skate-board).
 L’adoption des modes de transports doux comporte de nombreux avantages : ils contribuent à la réduction de la pollution de l’air et à la lutte contre le réchauffement climatique, et permettent de se maintenir en bonne santé physique en pratiquant régulièrement de l’exercice.
 Dans un souci d’éco-mobilité, les collectivités territoriales qui s’engagent dans le développement durable vont favoriser l’utilisation de transports doux par le biais d’un Plan de Déplacement Urbain (PDU *) adapté. Les transports doux peuvent également être organisés collectivement : par exemple, lorsque les parents d’élèves organisent des lignes de ramassage scolaire pédestres pour emmener les enfants à l’école.

(*) Plan de Déplacement Urbain (PDU)

Le Plan de Déplacement Urbain (PDU) est un ensemble de propositions et de projets pour l’organisation de l’ensemble des déplacements de personnes et des transports de marchandises, des stationnements et de la circulation.
Le PDU s’inscrit dans une démarche de développement durable :
il vise à privilégier l’usage des transports les moins polluants et les plus économes en énergie.
Il modère l’usage de la voiture, cherche à diminuer le trafic automobile, à trouver un équilibre d’aménagement entre l’automobile, les transports en communs et les transports doux.
Il développe les pistes cyclables et les voies piétonnes.
Il a pour objectif l’équilibre entre les besoins en matière de mobilité et d’accès, et les préoccupations environnementales et de santé publique. Il organise le stationnement, la livraison de marchandises, la sécurité des déplacements, et définit tous les aménagements à mettre en œuvre.