VILLA’RE PUBLIQUE (« RES PUBLICA »)

Etre citoyen

La démocratie est devenue aujourd’hui le système de gouvernement le plus représenté dans le monde développé. Inventé par la Grèce antique, il ne s’est pourtant installé durablement en France que 2 millénaires plus tard avec la 3ème République en 1870, après maints « retournements » précédents. La France n’est donc en démocratie que depuis 150 ans !
La démocratie a pour principe que tout citoyen reconnu par la société a un droit égal à participer à la vie politique publique (en latin « Res Publica », signifiant la « Chose Publique »).
Abandonnée dès le 1ersiècle après J.C. par l’Empire Romain qui durera 4 siècles avec une kyrielle d’empereurs de droit divin, elle n’a refait surface, après de nombreux siècles supplémentaires d’empereurs et rois un peu partout, qu’au 19ème siècle avec des républiques qui dirigèrent initialement au nom du peuple, puis davantage pour le peuple et pour certaines aujourd’hui avec le peuple.
Le système politique démocratique relève d’un idéal égalitaire ambitieux qui doit être défendu, l’histoire ayant prouvé que, s’il pouvait être facteur de très graves dérives, il pouvait aussi à l’opposé apporter davantage de paix, de justice, et de développement social, économique et culturel.
Aussi doit-il être approfondi et amélioré parce que gouverner « au nom, pour, et avec le peuple » est un exercice difficile pour tous, élus et administrés.
Le mouvement récent des « gilets jaunes » qui vient d’ébranler la démocratie française d’octobre 2018 à juin 2019 illustre bien la fragilité et la difficulté de la démocratie. Avec encore 12 000 manifestants le 22 juin, d’après le Ministère de l’Intérieur, ce mouvement qui a connu une trêve estivale n’est pas « épuisé », et la réflexion sur le fonctionnement de la démocratie reste d’actualité à tous les niveaux et n’est donc pas inutile.
Rappelons d’ailleurs à ce sujet que le Président de l’Etat élu en mai 2017, a lancé en mars 2019 un « Grand Débat National » avec des « débats citoyens » au niveau des collectivités territoriales, court-circuitant plusieurs échelons d’élus.


Mais REPRENONS LES CHOSES DANS L’ORDRE DU FONCTIONNEMENT DEMOCRATIQUE !


1.   L’Election de représentants, pierre angulaire de la démocratie

– La 1ère pierre du fonctionnement démocratique d’une société est l’élection de ses représentants pour une mandature durant généralement de 4 à 6 ans, au moyen d’un vote libre et égalitaire, accessible à tous ses membres.
– Mais cette élection, même si elle aboutit à la désignation d’ « élus », ne leur confère pas pour autant un blanc-seing pour administrer la société. Les électeurs sont en droit de leur demander de tenir leurs engagements, d’informer les membres de la société, et de leur rendre compte.

2.  … Qui doit être complétée par la participation et le recours des citoyens

– Pierre angulaire de la démocratie, l’élection ne garantit cependant en aucun cas que le fonctionnement de la société durant l’exercice du mandat soit lui-même démocratique. Pour qu’il le soit, il faudrait, qu’une fois le vote et l’élection passés, les nouveaux élus entretiennent l’esprit démocratique, informent les citoyens, recherchent leur participation, leur permettent de s’exprimer, et les consultent sur des sujets importants si besoin est.
– La 1ère pierre de l’élection doit donc ensuite être encadrée par des « Associations Citoyennes », représentations organisées de citoyens, ouvertes librement à tous les membres de la société (pas seulement à des élus devenus partie prenante de sa gestion), chargées de veiller à la bonne administration de la société, et à son fonctionnement démocratique.

De trop nombreux exemples de fonctionnement de républiques anti-démocratiques passées plaident pour la nécessité de tels contre-pouvoirs démocratiques. Institutionnaliser de telles associations permettrait d’éviter que la contestation des citoyens ne puisse s’exprimer qu’avec violence dans la rue.


3. Le problème de la Participation Citoyenne

La plupart des citoyens limitent leur implication démocratique au vote périodique de l’élection des représentants, puis s’en remettent aveuglément à eux pour l’administration tout au long de leur mandat. Cette attitude, quand elle est généralisée, revient petit à petit à créer un fossé entre les élus et les citoyens. A terme elle fige les rôles et génère de la méfiance.
Or, une démocratie pour être efficace suppose que les élus s’appuient sur les citoyens pour gérer la Cité avec eux. Ce qui implique qu’ils aient en face d’eux des « citoyens éclairés » et informés des affaires de la Cité.


4. Le rôle essentiel des élus de la société dans la participation citoyenne

Il est de la responsabilité de toute société se réclamant de démocratie d’œuvrer à travers ses représentants élus, pour le respect et le développement de la démocratie au sein de la société.
Ainsi la consultation et la participation des citoyens doivent-elles être recherchées et encouragées. Les représentants élus doivent faire vivre leur mandat électoral, et ne pas le confisquer sous forme de pouvoir discrétionnaire
en informant régulièrement les membres de la communauté de leurs choix politiques, économiques et sociaux
– en favorisant la participation et le dialogue avec tous, même non élus.


5. Lrôle primordial des habitants de Villers/Mer dans l’administration de la Cité

La démocratie gréco/romaine ne se limitait pas à un simple système électoral périodique, figeant les pouvoirs et les positions et opinions pour la durée d’une mandature, mais reconnaissait à tout citoyen un droit d’information et d’expression publique permanent.
Dans chaque Cité, il y a d’un côté la vie économique de la libre entreprise, et de l’autre côté la vie administrative et politique menée par les élus mandatés par l’Election Municipale.
Ces 2 vies doivent s’harmoniser, car on imagine mal une cité sans activités économiques, et des activités libérales sans contrôle politique et administratif.
Trop peu d’information des citoyens, trop peu d’éducation à la vie politique publique, trop peu d’incitation à la participation citoyenne, ne peuvent que concourir au maintien d’un fossé entre les élus et les citoyens et les désintéresser de la gestion publique de la Cité, ce qui conduit de plus souvent à des taux d’abstention électorale élevés chez les personnes actives qu’on n’a pas su intéresser suffisamment à la «vie politique» !
Villers a peu vécu en démocratie, le reste de la France pas beaucoup plus d’ailleurs !

Invasion viking au 9ème siècle, longue période de féodalité rurale régissant quelques centaines de paysans travaillant des terres difficiles et pauvres.
La découverte de son site magnifique vers 1850 à la faveur de la mode des bains de mer l’a propulsée dans le monde démocratique nouveau, émaillé des conflits avec l’Allemagne, et l’occupation allemande et ses bunkers en 1940, suivie de la douloureuse libération de 1944, l’avènement d’une 4ème république en 1946 …
La démocratie villersoise est encore jeune et Villers, station de villégiature estivale devenue depuis peu de temps ville, doit d’autant plus penser et forger sérieusement sa vie démocratique.