« LOGEMENT des HABITANTS PRINCIPAUX »

Synthèse d’une réunion organisée par VAC Salle Bagot le 11/01/2019

Les résidents principaux ont du mal à se loger à Villers

Très prisée des parisiens – mais pas seulement ! -, Villers/Mer compte aujourd’hui 9 700 logements qui, selon le taux d’occupation moyen actuel de 1,8 habitants par logement en France, permettrait d’héberger à l’année au moins 17 000 habitants, ce qui n’est le cas que pendant le pic de fréquentation estivale.
Villers/Mer ne compte pourtant que 2720 « résidents principaux » (ceux y déclarant leur résidence principale). Et ils ont du mal à s’y loger !


Villers-sur-Mer est devenue une ville vivant à l’année

Les origines de Villers/Mer remontent à loin puisqu’on y a retrouvé de nombreux vestiges de poterie datant de l’époque romaine du 1er siècle avant J.C. ! Villers a ensuite été durant des siècles de féodalité rurale un hameau de quelques centaines de paysans regroupés autour d’une église datant du 11 ème siècle. 
Au milieu du 19ème siècle, une station balnéaire y a poussé, à la façon éruptive d’un champignon, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ! Le temps d’y bâtir des hôtels, des villas, un casino, une nouvelle église à la place de l’ancienne église jugée trop petite, d’y amener le chemin de fer … La station était lancée !
La nouvelle Villers/Mer a surgi comme les autres grandes stations balnéaires voisines, Trouville, Houlgate, Cabourg et Deauville, dans la même décennie ( 1850 à 1860 ), celle du début du Second Empire et de la révolution industrielle naissante.
Grâce à l’opiniâtreté de ses habitants, la Station Balnéaire de Villers/Mer est devenue au fil du temps une destination balnéaire et touristique de 1er plan, principalement tournée vers l’accueil touristique et le développement d’offres de loisirs balnéaires, sportifs et culturels.
La station balnéaire de Villers/Mer qui, initialement, ne vivait qu’au rythme des vacances scolaires françaises, a effectué depuis une trentaine d’années, comme Trouville, Deauville et Cabourg avant elle, une mue importante en devenant une destination touristique à l’année, ainsi qu’une ville d’habitation locale, forte d’une population importante de 2720 habitants principaux.
Une ville nouvelle a succédé à l’antique Villare Supra Mare, qui continue toujours à se développer grâce à la demande de loisirs due à l’élévation du niveau de vie en Europe. Toutefois, par rapport à ses grandes voisines, sa fréquentation reste encore assez timide certains mois d’hiver (janvier, février).

Quelques chiffres sur l’habitat à Villers

Villers/Mer a un immense parc immobilier de 9 700 logements dont 84% appartiennent à des résidents secondaires (résidents dont la résidence principale n’est pas à Villers). La population principale de Villers de 2 720 âmes occupait 1486 logements principaux en 2015 (soit un taux d’ occupation de 1,85 habitants par logement) :

– 61,2 % de ces logements appartenaient en propre à leurs occupants.

– Le reste de la population principale, à l’exception d’une petite minorité logée gratuitement (2,8%), était locataire de logements dont :

* 181 logements HLM, soit 12,2% des logements principaux, loués vides dans le domaine social
* 354 logements, soit 23,8% des logements principaux, loués dans le domaine privé

Le coût exorbitant de la location dans le domaine privé au sein de la CCCCF

A titre de comparaison, la location dans le domaine social (HLM) revient à 5,5 €/m2, quand elle ressort en moyenne dans le domaine privé (chiffre de la CCCCF) à 11,9 €/m2, ce qui représente pour un appartement moyen de 60 m2 une location mensuelle de 330 €/mois dans le domaine social, mais de 714 €/mois dans le domaine privé.
Le problème des stations balnéaires de la Côte Fleurie entre Villers et Villerville est que la location dans le secteur privé y est plus chère qu’à Caen, équivalente à celle de villes comme Lyon et Bordeaux, et que la forte demande de résidences secondaires ne fait qu’augmenter toujours plus ces loyers.

Conséquences sur la démographie de la population principale de la CCCCF

La cherté des loyers a pour conséquence depuis plus de 10 ans une diminution spectaculaire de l’habitat principal au sein de la CCCCF.
Deauville et Trouville ont perdu chacune entre 2010 et 2015 plusieurs centaines de foyers principaux, et mènent une politique favorable à la venue de nouveaux foyers sociaux, mais semble-t-il sans beaucoup de résultats.

Seules 2 communes n’ont pas perdu d’habitants principaux sur cette période : St-Arnoult -commune récente dans l’arrière-pays de Deauville en très fort développement-, et Villers/Mer qui bénéficie d’une compensation importante de nouveaux foyers principaux due à de nombreux retraités faisant de leur résidence secondaire leur nouvelle résidence principale.

Les chiffres de l’évolution démographique à Villers/Mer entre 2010 et 2015

+ 190 habitants principaux sur la tranche d’âge > 60 ans
– 190 habitants principaux, dont 65 enfants, sur la tranche d’âge <= 60 ans
Il en résulte un net vieillissement de la population principale qui en 2015 se répartissait ainsi :

. 1 200 habitants de + de 60 ans
. 1 200 habitants de 15 à 60 ans
. 320 enfants de – 15 ans

La nécessité d’une politique active en faveur du logement principal à Villers

Sans choix politique clair Villers/Mer verra comme l’ensemble de la CCCCF sa population principale active et le nombre de jeunes baisser.

Le fait de résider à Villers/Mer même, et d’y louer dans le secteur immobilier privé est très coûteux. Nombre de ceux qui y travaillent habitent dans les environs (jusqu’à Caen et sa banlieue).
Beaucoup de familles qui s’étaient installées à Villers/Mer sont parties ailleurs comme le démontre la diminution de 65 enfants entre 2010 et 2015.

La baisse importante de la population jeune explique sans doute en grande partie la diminution du nombre de classes à l’Ecole de Villers/Mer (cf. la rubrique suivante : »Rajeunir et Dynamiser Villers »).

La compensation des départs par des retraités s’installant à l’année entraîne un vieillissement de la population principale dont il va falloir tenir compte pour la politique de santé, néanmoins elle a sur le plan économique des conséquences positives, car ce sont des consommateurs à l’année disposant d’un pouvoir d’achat appréciable.

La nécessité de favoriser aussi les mobilités nouvelles à venir

En complément d’une politique de facilitation du logement des résidents principaux -incluant le développement du logement social- à Villers, indispensable pour y maintenir une population active, et une IDENTITE LOCALE, une voie nouvelle va s’ouvrir sous peu à la faveur de la loi d’Orientation des Mobilités (LOM) qui sera bientôt ratifiée au Parlement.

Cette loi visera à faciliter la mobilité de personnes « excentrées » (milieu rural, banlieues sans moyens de transport …) en développant le plus possible de nouvelles façons de se déplacer, autrement qu’avec un véhicule personnel que toutes n’ont pas, et dont l’utilisation est de toute façon très coûteuse et de plus trop polluante au regard des engagements « carbone » de la France.

(Voir la Rubrique : « MOBILITE ACTIVE »).