Pour une vie municipale démocratique permanente

Si l’élection municipale a lieu tous les 6 ans, la vie municipale, elle, reste permanente !

C’est très difficile pour une personne s’étant engagée dans l’élection municipale, de se dire que, si elle fait partie du camp des battus, elle va devoir s’endormir et ronger son frein avant de reprendre le même combat électoral quelque 5 années + tard, ce qui est considérable à l’échelle du temps d’une vie humaine

Oui, et ce serait une erreur ! L’engagement municipal doit être permanent pour tous ceux qui le souhaitent, et pas l’affaire des 23 citoyens (représentants ~1 électeur sur 100) élus pour 6 ans lors d’une élection qui leur attribuerait quasiment des pouvoirs exclusifs.

Une élection municipale n’est pas une fin qui confinerait les électeurs pour 6 ans, elle doit être un commencement pour un nouvel engagement démocratique avec tous


D’où vient alors ce sentiment étrange ressenti par beaucoup que si on perd une campagne municipale, on perd tout de ce qu’on souhaitait pouvoir apporter à sa commune, et ce pour une période de 6 ans ?
– Elle vient surtout du fait qu’une élection municipale démultiplie de façon fort exagérée le pouvoir de la liste arrivée en tête, en lui conférant d’office déjà la moitié des sièges municipaux, minimisant le rôle des autres listes, dénommées péjorativement « listes d’opposition ».
Le vote municipal démocratique actuel en France est ainsi fait que la liste arrivée en tête bénéficie d’office de 50% des sièges du conseil municipal de la commune (soit 11 sur 23 sièges pour Villers) afin d’accentuer sa majorité. Les 50% restants étant attribués au prorata des pourcentages obtenus par les diverses listes.

Pour parler très clair, si 2 listes s’affrontent au 2ème tour, l’une faisant 50,1% des voix, contre 49,9% à l’autre, elle aura : d’office la ½ des conseillers (11) + 50% des 11 autres sièges à pourvoir, soit 5 ou 6 sièges. Au total 11 + 6 + le maire = 18 sièges sur 23 sièges, n’en laissant ainsi que 5 à l’opposition.

Ainsi une liste élue avec seulement 50,1% des voix obtiendra 18 sièges sur 23, soit 78 % des sièges.
Cette pratique majoritaire abusive renvoie à une démocratie « arrangée » adaptée à des sociétés modernes ayant besoin de pouvoirs forts qui faute d’aucuns ajustements, débouchent finalement souvent sur des crises sociales majeures (ex. : celle des gilets jaunes).
– Elle vient aussi d’une élection conférant à la liste élue la perspective de 6 longues années de pouvoir, assorties comme décrit ci-dessus d’un pouvoir démultiplié et exagéré, qui implique un risque d’autant plus fort de ne pas voir la liste élue chercher à impliquer les citoyens pour une réelle participation démocratique.


La démocratie municipale devrait progressivement s’adapter et cesser d’opposer ses habitants

Il s’agit un peu du même débat qui ressort à chaque élection législative avec la fameuse « proportionnelle », où des listes de partis fort bien élus dans des départements n’y obtiennent aucun siège de député. Celà crée du ressentiment.
De plus lors des élections municipales, la motivation des listes est sextuplée car il ne s’agit pas d’une victoire pour une seule année, mais d’une victoire pour 6 années de pouvoir. Une élection municipale constitue un « graal », pour l’obtention duquel tous les moyens sont mobilisés !
Mais après tous ces efforts, qu’en est-il en fait ?

Revoir cette notion « hors du temps » de représentation municipale dans notre pays

Penser bien autrement la démocratie locale

L’élection municipale va s’achever le 28 juin 2020, qui désignera une équipe municipale élue pour 6 années d’administration de la Commune de Villers/Mer.
Dans un vocabulaire électoral guerrier, une telle victoire signifierait la prédominance d’une liste et le renvoi des autres listes à leurs quartiers d’hiver !

Mais ce n’est pas ce que les Villersois(es) attendent. Toute « victoire », quelle qu’elle soit, devrait tout au contraire ne pas être vécue comme un « triomphe » pour la liste arrivée en tête, mais surtout comme le début d’une nouvelle ère qui voit enfin un débat démocratique renaître à Villers/Mer sous des formes à définir.
Villers/Mer, le 11/06/2020,
Marc GERONDEAU

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *